2. À nos addictions !

Vous rendez pas compte c’que ça fait de plus faire partie du brouhaha, d’être relégué au bruissement, c’est bien quand on l’a choisi, mais d’y être obligé est TRÈS désagréable.

Aller faire un tour ailleurs on s’rait plus d’un à lever la main, mais se faire mettre de côté sans égard alors qu’on est encore en possession de ses moyens, c’est quoi ce truc ?! Oh j’dis pas que de temps à autres ça s’enraille mais pas de quoi s’entendre dire allez hop dégagez, hors de nos vues.

Vieillir est complètement con, ils nous ont rien dit les générations précédentes, mais nous on le dit haut et fort, comme Jacques qui l’a dit franchement « … Mourir cela n’est rien, mourir la belle affaire, mais vieillir, ô vieillir… » ; quand il le chante, on pleure, faites pas chier, laissez-moi pleurer Brel, et vieillir c’est complètement con.

Et maintenant qu’on en est là, avec un âge mental pubère ou prépubère pour les moins avertis, et je connais une flopée de compatriotes dans la tranche d’âge des 60 – 69 ans concernés par ce phénomène – pas exactement du jeunisme, comme on a voulu impunément le prétendre, mais plutôt une croyance TRÈS ancrée qu’après tout la jeunesse, oui, peut être éternelle, je rectifie, la jeunesse est éternelle, même si le corps suit pas – bon maintenant, on fait quoi ?

Pourquoi voudriez-vous que l’on se prive de ça ? De cette jeunesse éternelle j’veux dire… Hein ? Pourquoi ?  Surtout nous z’autres, les p’tits derniers babyboomeures, que l’on a affublés de multiples qualificatifs dont le plus absurde reste La bof génération qui se lisait – et se vendait – sur les t-shirts taille mômes dans les boutiques à Saint Tropez ; dernière tranche des babyboomeurs à être observés à la loupe par les marketeux, parce que tout est bizenesse, mais si, on va pas faire semblant entre nous, c’est une motivation puissante à prendre en compte. 

Notre unique et immense fait d’arme a été d’être TRÈS occupé à vivre, voire à glander, parce que franchement c’était pas trop la peine de s’énerver vu que pour nous z’autres tout ou presque, pendant un p’tit bout de temps, nous était tombé tout cuit dans le bec : pas de lutte, pas de revendication, tout ça avait déjà été fait, mais y avait une fenêtre de lancement dans laquelle on s’est engouffré pour faire ce qui restait à faire : l’alcool avec ou sans bar, la clope, la fumette, les seringue et ligne, les boîtes de nuit, le sexe, on s’en est donné à cœur joie ! et on s’est bien marré pour la plupart.

Les mêmes reviennent mais plus vieux… Ah ah ! Alors on fait quoi maintenant ? Avec ceux et celles qui ont survécu à la traversée défoncée du temps, j’veux dire…

Il reste l’alcool avec ou sans bar, la clope, la fumette, les seringue et ligne pour ceux qui ont le cœur solide et le foie qui tient la route, le sexe pour celles et ceux qui en ont encore envie et la possibilité, les bons petits plats, les marches dans la nature, aucune envie de faire partie des enquêtes des marketeux et le désir d’y aller à son rythme, parce que franchement j’vois pas comment on pourrait faire autrement, et c’est selon ce que chacun s’est mis et se met encore pour les plus audacieux, les plus fortunés, les plus suicidaires.

Et qu’on nous laisse tranquille avec l’autocensure, la bienséance, la bienveillance, je préfère suivre les poètes qui évoquent très bien cette jeunesse de l’âme et le corps, ma foi, oui se déglingue mais personne n’a dit que nous étions éternels. Concernant les poètes, impossible de les citer dans leur entier et leur particulier,  et pi on n’a pas forcément les mêmes goûts. Rien n’empêche de pousser la porte d’une librairie ou d’une bibliothèque et d’aller voir au rayon poésie si ya quèque chose qui intéresse l’œil et l’oreille. A priori la poésie fait encore partie de ce monde.

I am that I am – Peter Tosh (1977) aura le mot de la fin aujourd’hui. J’vous ai mis une version écrite traduite, allez un peu de spiritualité nous fera pas de mal :

Peter Tosh

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