14. Le pis-aller, c’est terminé

Il n’a pas l’impression de demander le luxe… Il n’a pas non plus l’impression de demander l’impossible… Personne ne semble l’écouter. Il persiste. Il souhaiterait juste avoir de la qualité dans ce qu’il mange, dans ce qu’il porte, dans ce qu’il lit, dans ce qu’il écoute, c’est pas la mer à boire non plus. Bien sûr, les goûts varient selon, on ne va pas revenir sur ce vieux débat, un peu stérile, tient-il à ajouter et il n’a pas l’apanage de la qualité. Mais a priori, et il ajoute bien à chaque fois a priori, ce n’est pas très compliqué de remarquer la qualité, et de la désirer. Ce n’est pas réservé qu’à des privilégiés. Lui-même n’est pas un privilégié, il ne gagne pas des mille et des cents. D’ailleurs, être privilégié ne garantit pas la qualité. Sa vraie question est : pourquoi devrait-il se « farcir » de la médiocrité ? Parce qu’il ne gagne pas assez ? Pourquoi tient-on tant à le lui en imposer ? Il n’a aucune envie de discuter de ce « on » qui tire vers le bas, glorifie la quantité au détriment de ladite qualité qu’il peine tant à trouver maintenant.

La qualité n’est-elle qu’affaire d’argent ? De choix politique, économique et sociétal aussi un peu n’est-ce-pas ?

Personne ne lui répond.

Tant pis si

jour après jour, il ressent un dégoût pour ce mauvais goût de la profusion qui le dépasse,

tant pis si

jour après jour, il ressent la nausée pour des matières à porter qui lui provoquent des allergies désormais,

et ainsi tout à l’avenant,

au point de devoir marquer un arrêt, définitivement.

Il n’arrive plus à se souvenir du moment exact où il s’est dit qu’il ne pourrait pas aller au-delà. Il n’en avait plus la force. Il écoutait la radio, quand une voix parla de la génération d’aujourd’hui qui veut empêcher que le monde se défasse alors que la leur voulait refaire le monde.

Là, il s’était arrêté sur ces mots : refaire le monde. Quel monde ? Celui de la profusion, de l’outrance duquel il essayait d’échapper ? Le monde riche, inventif, innovant d’hier comme de maintenant croulait sous des montagnes d’immondices. Que reprochait-on à cette nouvelle génération ? Pourquoi cette voix refusait de donner à cette jeunesse ce que la leur avait dû arracher aux précédentes : le droit de se tromper et de rectifier le tir des générations précédentes pour s’accorder un futur propre à leurs développements.

Il avait éteint la radio.

Il y aura peut-être une chance, peut-être et une, il tient à le préciser, de rétablir le grand déséquilibre qui s’est emparé de ce monde et dont sa génération a été une grande pourvoyeuse.

Il n’y a pas de morale, juste des affaires juteuses, il est temps d’y mettre un terme.

Lui aussi a envie de profiter de bonnes choses, de bonne chère, l’ascèse spirituelle et matérielle l’encombre tout autant que son pendant excessif.

Mais le chemin envisageable et empruntable à court et moyen terme se montrait frugal. Et cette frugalité dérange.

Pourtant, elle s’associe fort bien avec la qualité, trouve-t-il, sans en faire un credo auquel il faudrait absolument adhérer.

Lui veut juste avoir de la qualité dans ce qu’il mange, dans ce qu’il porte, dans ce qu’il lit, dans ce qu’il écoute,

Le pis-aller c’est terminé ;

La camelote allez vous faire motte.

C’est sûr que cela allait chambouler beaucoup de choses, et ce ne serait pas à sa génération de le faire, ils ont fait leur temps, mais à cette jeunesse qui perturbe tant.

Cela en troublera plus d’un…

Mais ça vaut le coup de les laisser tenter autre chose…

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2 commentaires sur « 14. Le pis-aller, c’est terminé »

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