49. Hymne à la vie

Modestine, la mal nommée, promène ses formes gourmandes, son rire rauque qui secoue tout son corps comme un prunier au moment de la récolte.

Modestine, la bien nommée, arpente les chemins et les rues avec un naturel sur lequel on se retourne.

On l’envie de séduire et de s’en moquer, ou d’apprécier, de donner ou d’accepter des rendez-vous auxquels elle ne se rend pas toujours car elle n’avait pas fini une lecture ou un film ou l’écoute d’un opéra, ou autre chose encore, mais promis elle se rattrapera la prochaine fois ; Modestine reste ouverte au dialogue.

On envie ses excès, bien qu’on les lui reproche à voix basse.

On l’envie de se laisser aller aux plaisirs de la chère avec un appétit délicieux et sans feinte au vu et su de tous et de toutes.

On l’envie de penser à elle d’abord, la fréquentation de la gente masculine lui a appris cette évidence qui parfois sauve la vie et elle les en remercie.

On l’envie de montrer une telle et si simple joie de vivre.

On l’envie d’aimer la vie sans se lasser à presque soixante dix ans, malgré les coups bas, malgré les envolées, malgré les amours blessées, malgré les mensonges éhontés, malgré les promesses jamais tenues, malgré les merveilles à couper le souffle, malgré le temps qui passe et qui ne sait faire que cela, grâce à la beauté tout autour de soi même quand c’est moche, il y a toujours quelque chose à grappiller.

15 commentaires sur « 49. Hymne à la vie »

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